Le dimanche des chrétiens confinés

Célébrer en famille - homélie - prière universelle paroissiale - la communion spirituelle


Trame du 5ème dimanche de Carême

1ère option : télécharger

Télécharger
Pour célébrer en famille un temps de prière du 5ème dimanche de Carême
Trame5edimancheNDLR.pdf
Document Adobe Acrobat 159.8 KB

2ème option : lire en ligne

cliquer sur le carré en haut à droite



Homélie du 5e dimanche de Carême

Bon évidemment, pour les rencontres entre paroissiens, en période de confinement, on repassera ! C’est bien dommage car on mesure à l’absence la joie que l’on a dans la présence les uns des autres. Néanmoins, ces derniers jours, j’ai eu l’occasion d’échanger avec plusieurs d’entre vous, et avec les proches de défunts en deuil. Et une chose m’a marqué, c’est d’avoir entendu plusieurs personnes préoccupées par le sort de ceux qui meurent seuls à l’hôpital en cette période d’épidémie. On entend parfois qu’une période de confinement, comme celle que nous vivons, peut nous permettre d’aller à l’essentiel, et bien là c’est réussi ! Faire face à la mort, seul, sans visite des proches, au milieu des soignants héroïques mais accaparés, sans le secours des sacrements, s’ils l’avaient voulu, voilà des conditions terribles. Une célébration d’obsèques avec seulement quelques proches, pas forcément dans une église (plusieurs sociétés de pompes funèbres choisissent de ne pas y aller pour raisons sanitaires), sans pouvoir bénir (on ne passe pas le goupillon d’eau bénite). C’est triste. Pas sûr que notre monde ait déjà connu ça à telle échelle. Probablement que ça suscite aussi de la colère (tout ça à cause de ce virus, du manque de tel ou tel moyen de protection..). Probablement aussi que ça nous projette à l’heure de notre propre mort. Et moi, dans quelles conditions est-ce que je vais mourir ?

Vous me direz peut-être qu’on pourrait faire mieux comme début d’homélie en période dramatique. Oui on pourrait faire plus réconfortant. Mais ces personnes vont à l’essentiel en parlant des conditions et du sens de notre mort. Et c’est là précisément que notre foi a tout son sens. J’en veux pour preuve le fait que dans l’évangile de ce dimanche Jésus n’est pas présent aux côtés de son meilleur ami Lazare quand il meurt. Cette absence lui vaut des reproches de Marthe puis de Marie : « Seigneur si tu avais été ici mon frère ne serait pas mort ». Vous rendez vous compte ? Avoir Jésus comme meilleur ami et mourir sans Dieu ! Jésus est il insensible ? Non, ce qui le fait pleurer c’est de voir la tristesse des proches de Lazare.

Comment réagissez-vous ? Comme ceux qui reprochent à Dieu de ne pas faire de miracle pour arrêter tout de suite cette pandémie ? Qui non seulement subissent leur vie mais subissent aussi leurs épreuves ?

Ou bien comme ceux qui savent que Dieu est plus proche que jamais de ceux qui sont éprouvés ? Qui lui ouvrent tout grand leur cœur et leur vie pour qu’elle soit transformée, purifiée et grandie, fortifiée ? Qui pensent que notre monde aussi a l’occasion de trouver ici une limite a sa démesure ?

Un autre rencontre m’a marquée cette semaine. C’est celle d’une veuve avec laquelle je préparais la sépulture de son défunt mari. Elle m’a dit : « il était très chrétien et il n’avait pas peur de la mort ».  Il n’avait pas peur de la mort. Nous n’avons pas creusé la question mais il y a fort à parier que cet homme ait fait un jour l’expérience dans sa vie que le Christ est plus fort que les forces de la mort. Dans notre évangile, Jésus n’est pas du tout inquiet de la mort de son ami Lazare. C’est consciemment qu’il attend deux jours avant de partir pour manifester avec plus de force encore la résurrection de Lazare. Il est confiant au milieu d’une foule en déroute. Et c’est cette attitude que je vous encourage à demander à Jésus pour nous en cette période de fléau.

 

Chers amis, frères et sœurs, il semble que nous ne soyons qu’au début des ravages que ce virus s’apprête à faire dans notre pays. Oui le coup sera rude. Mais c’est Pâques que nous préparons. La fête de la résurrection du Christ sera célébrée dans des conditions inédites. Mais cette fête de la résurrection n’en sera que plus forte. Notre foi en la résurrection du Christ est la seule nourriture capable de délivrer notre âme des sentiments tristes que provoquent en beaucoup le flot noir des flux d’informations médiatiques. Notre Eglise à tous les niveaux déborde de créativité pour nous accompagner. Ouvrez grands les yeux de votre foi, les portes de votre cœur au Christ en ces jours. Ecoutez-le : « Si tu crois, tu verras la gloire de Dieu ». 

 


Intentions de prière universelle de la paroisse

dimanche 29 mars 2020

Donne ton Esprit de paix au monde afin que les cessez le feu demandés par l'ONU soient respectés dans cette période fragile que nous traversons. Seigneur nous te prions.

Donne à nos dirigeants l'Esprit de conseil et de discernement afin qu'ils aient toujours à coeur de protéger leurs frères qui font tourner le système d'économie et de santé en cette période de crise. Seigneur nous te prions.

Donne ton Esprit de consolation et de force à ton Eglise afin qu'elle accompagne au mieux les personnes endeuillées, souffrant de solitude, les malades et tous ceux qui les soutiennent. Seigneur nous te prions.

Donne ton Esprit de piété à notre communauté paroissiale afin que nous restions unis en un seul corps par la communion spirituelle en cette période d'isolement. Seigneur nous te prions.

Que l'amour du Christ ressuscité renouvelle notre coeur et notre espérance afin que  chacun  porte en lui et partout  la  lumière du  monde; Que nous soyons soutien des initiatives naissantes de solidarité et porteurs de l'espérance des retrouvailles à la fin du confinement. Seigneur nous te prions.

 


Quête numérique


Vivre la communion de désir

Comment vivez-vous le fait de ne pas communier, de ne pas pouvoir participer à la messe le dimanche ? Ça vous manque ? Vous constatez que vous vous en passez très bien ? Et que voulez-vous faire de ce constat ?
Bien sûr, la messe à la télé ou à la radio nous montre ou nous fait entendre des gens qui prient. Mais notre foi se pratique de façon concrète, dans un lieu, avec des personnes et des hosties consacrées. Notre archevêque nous a dispensés de l’obligation de la messe dominicale à cause du confinement. Je vous propose de faire le point sur ce que signifie la communion que, peut-être, nous recevons le dimanche et ce que l’Eglise nous propose quand nous en sommes privés.
 
 
▶️ Communier tous les dimanches ?
Depuis le début du confinement, j’ai eu des contacts avec des personnes qui me disent les deux réactions : pour les unes la communion leur manque, pour les autres non. C’est grave docteur ? Nos réactions sont nos réactions. On les constate et c’est tout. En revanche, il est de notre responsabilité de nous demander comment nous pouvons faire grandir notre foi dans ces circonstances. Commençons par prendre du recul. Ce que l’Eglise demande à ses fidèles, c’est de participer à la messe chaque dimanche (sauf empêchement de santé, de charité, d’âge avancé ou… de confinement !). Sanctifier le jour du Seigneur, c’est un des dix commandements. En ce qui concerne le fait de communier, depuis le quatrième concile du Latran, en 1215, il ne nous est demandé qu’une seule communion et une seule confession par an, si possible, aux alentours de Pâques. C’est le pape Saint Pie X, au début du XXe siècle qui a encouragé les chrétiens à communier souvent et pourquoi pas chaque dimanche. C’est ce que nous vivons pour beaucoup d’entre nous. Au risque de faire de la communion au corps du Christ une habitude dont on aurait perdu le sens profond.
 
▶️ Communier sans hostie consacrée ou la communion spirituelle
Si le fait de communier ou de ne pas communier nous est indifférent, c’est qu’il est grand temps de raviver notre foi en l’eucharistie. Recevoir une hostie consacrée, c’est recevoir le corps du Christ, c'est-à-dire recevoir le Christ lui-même, dans son corps, son âme, son humanité et sa divinité. « Qui mange ma chair et boit mon sang, dit le Seigneur Jésus demeure en moi et moi en lui ». C’est une grâce considérable en fait quand on communie, on reçoit Dieu lui-même en nous. C’est une force pour notre foi.
Mais alors, quand on ne peut pas communier ? Quand on ne peut pas recevoir l’hostie consacrée, on ne reçoit pas le signe sensible du sacrement. Mais, je vous y encourage, on peut cultiver en nous le désir de recevoir malgré tout le Christ et la grâce qu’il veut nous donner pour la semaine, pour cette période de confinement. Et ce désir, le Seigneur le « voit dans le secret ». Et il y répond, il peut se donner à nous, même sans le signe sensible du sacrement, même sans l’hostie consacrée. C’est ce qu’on appelle la communion spirituelle ou la communion de désir. C’est un vieil usage dans l’Eglise, par exemple, pour les marins en mer ou les soldats en guerre. Cela avait été recommandé aux jeunes lors des JMJ de Madrid en 2011. En effet une tempête avait rendu inutilisable les centaines de milliers d’hosties qui devaient être consacrées lors de la messe finale avec le pape.
 
▶️ Et concrètement ?
Concrètement, comment on fait une communion de désir ? Et bien, lors d’une célébration de la parole, en famille, ou même seul, après avoir entendu la parole de Dieu, on prend un temps de silence et on dit à Dieu ce désir de la communion spirituelle, dans une prière, et nous avons la certitude que cette prière est exaucée. C’est ce à quoi le pape François nous encourage en ce temps de confinement.
 
Vous trouverez en pièce jointe quelques exemples de prières de communion spirituelle ainsi qu'une trame pour sanctifier ce 5e dimanche de Carême à deux ou en famille.
 
P. Guillaume Morin, curé.