BONUS musical du jour de Pâques : le Christ est ressuscité !

Le Christ est ressuscité Alléluia !

Il est vraiment ressuscité Alléluia !

 

C'est là le cœur de notre foi chrétienne. Comme dit saint Paul, si le Christ n'est pas vraiment ressuscité, notre foi est vaine. Ça ne veut pas dire que nous devons comprendre le comment et le pourquoi de cette résurrection. Nous devons faire confiance à Dieu qui l'avait promis, et aux apôtre qui ont vu Jésus Ressuscité. 

 En tout cas notre foi en la résurrection du Christ est une source de joie en toutes circonstances. Et ça c'est très important pour notre vie chrétienne quotidienne.

 

Et c'est précisément la joie qui découle de cette certitude de foi que Bach exprime dans cette musique. Comment ? Avec les instruments, Bach sort le grand jeu : on entend les trompettes, les timbales, les cordes et bien sûr le chœur.

Avec le rythme, un tempo enjoué, un rythme dansant, presque sautillant

Avec la répétition des mêmes mots : "et ressurrexit" (il est ressuscité) cette répétition est un signe de joie. C'est comme les enfant riants qui disent "encore, encore !"

 Avec le contraste entre les passages piano et forte. Ce n'est pas monotone comme pièce !

 

Le meilleur moyen de savourer cette joie musicale est d'écouter d'abord le Crucifixus du vendredi saint et ensuite le morceau d’aujourd’hui. Car les deux proviennent du Credo d'une même messe, la Messe en si de Bach. Il sont faits pour s’enchaîner car dans le Credo on dit que Jésus a été crucifié puis qu'il est ressuscité.

Bach a conçus ces deux pièces pour qu'en les entendant l'une après l'autre l'auditeur ait un choc. 

 

Bah ! c'est que rencontrer quelqu’un de ressuscité ça fait quand même un drôle d'effet ! A réveiller les morts !

 

Texte latin et français

 

Et resurréxit tértia die, secúndum Scriptúras. Et ascéndit in cælum : sedet ad déxteram Patris.

 

Il ressuscita le troisième jour, conformément aux Écritures, et il monta au ciel ; il est assis à la droite du Père.


BONUS musical de la nuit de Pâques : nous allons tous ressusciter, c'est la honte pour la mort !

Franchement, le grand oublié de Pâques c'est le Diable. Depuis les origines de l'humanité il régnait en maître sur les hommes, imposant à tous une mort non seulement certaine mais encore sans retour. Tout juste les philosophes grecs ont-ils compris que la mort n'avait pas de prise sur l'âme, celle-ci étant immortelle. Mais la vie éternelle du corps, même pas la peine d'y penser. A la limite le peuple Juif a-t-il dans sa foi une espérance en la résurrection des corps à la fin des temps. Mais tant qu'on y est pas c'est invérifiable. 

 

Ce règne de la mort et du Diable semble avoir remporté sa victoire la plus éclatante dans la mort du Fils de Dieu, lui-même ! Et on imagine là fête chez les démons le vendredi saint quand le Christ meurt sur la croix. Une proie de premier choix !

 

Alors quand la résurrection corporelle du Christ vient prouver la pertinence de la foi en la résurrection de tous les défunts à la fin des temps, c'est vraiment la honte pour le Diable et ses démons. En fait c'est une véritable humiliation pour la Mort. Saint Paul la résume en quelques mots cinglants : "Mort où est ta victoire ? Où est il ton aiguillon ?" (1 Co 15).

 

Brahms, dans son Requiem allemand, montre la puissance tonitruante de ces paroles de Saint Paul. Il n'utilise que des passages de la Bible (Textes tirés de He 13,14 , 1Co 15,51-55 , Ap 4,11)

 

C'est une joie immense pour les hommes que de se moquer de la défaite de la Mort.Oui, vous avez bien lu. Et encore, se moquer, le mot est faible. 

Savourez. Attention, ça devient fort... mais ça s'écoute comme ça !

 

 

1.      (Choeur, le peuple des chrétiens, nous)

Denn wir haben hie keine bleibende Statt,

sondern die zukünftige suchen wir.

 

2.      (Soliste, saint Paul) 

Siehe ich sage euch ein Geheimnis:

Wir werden nicht alle entschlafen, (repris par le choeur)

wir werden aber alle verwandelt werden; (repris par le chœur)

 

3.      (Soliste)

und dasselbige plötzlich,

in einem Augenblick,

 

4.      (Soliste + chœur)

zu der Zeit der letzten Posaune. 

5.      (Choeur)

Denn es wird die Posaune schallen,

und die Toten werden auferstehen unverweslich

und wir werden verwandelt werden..     

 6.     (Soliste)

Dann wird erfüllet werden das Wort,

das geschrieben steht:

 

7.      (Choeur)

Der Tod ist verschlungen in den Sieg.

 

Tod, wo ist dein Stachel!

Hölle, wo ist dein Sieg!    



BONUS musical du Vendredi saint : le Christ en croix proche des malades

Certes, le Christ sur la croix donne sa vie dans un acte d'amour infini qui rachète tout le mal que nous faisons, nos péchés. Il est l'agneau de Dieu qui enlève les péchés du monde. Mais sa mort est aussi un combat contre toutes les formes du mal, notamment contre la maladie et la mort, des maux que nous subissons. Il est crucifié pour nous. 

 

Le Christ en croix que nous contemplons ici vient du retable d'Issenheim, aujourd'hui exposé à Colmar. Il a été peint au début du XVIe siècle pour la chapelle de la congrégation des Antonins. Ces religieux sont des soignants qui accueillent les malades de grandes épidémies de la peste et "du mal des ardents", une intoxication alimentaire redoutable. Les pèlerins malades qui arrivent dans l'hôpital des Antonins à Issenheim sont d'abord placés devant ce retable. Ils y contemplent Jésus crucifié portant sur son corps les marques de la souffrance. Le corps du Christ crucifié ressemble au corps des malades. Ainsi ils perçoivent que le Christ est proche d'eux dans leur épreuve.  Ce moment de méditation est considérée par les Antonins comme une quasi médecine. 

 

Ce terrible crucifix veut aider les malades à accueillir le Christ qui est "crucifié pour nous". Il souffre comme moi et peut me comprendre et m'apporter la paix. Cette paix stabilise l'âme et la fortifie. On peut sentir cette paix dans le Crucifixus de la Messe en si  de Bach. Une musique très stable face à une souffrance très grande. C'est la force de la foi.

 

Traduction : Crucifié pour nous sous Ponce Pilate, il souffrit sa passion et fut mis au tombeau. 


BONUS musical du Jeudi saint : contempler le Seigneur dans les gestes du service

Depuis le Xe siècle, la liturgie du jeudi saint fait entendre un chant associé au lavement des pieds. C'est Ubi caritas. Devenu célèbre par un refrain de la communauté de Taizé, ce chant a été composé à l'origine sur une mélodie grégorienne. Au XXe siècle, après le concile Vatican II Maurice Duruflé, organiste à St Etienne du Mont à Paris,a arrangé cette mélodie grégorienne pour un chœur a capella devenu très célèbre.

 

Composé pour être chanté pendant le rite du lavement des pieds, ce chant veut nous encourager à mettre en oeuvre ce que le Christ dit aux apôtres juste après le lavement des pieds : "C'est un exemple que je vous ai donné afin que vous fassiez, vous aussi comme j'ai fait pour vous".

 

Comment ce chant nous encourage-t-il ? En décrivant les conséquences d'une attitude de service dans une communauté. Les geste de services inspirés par le Christ rendent présent l'amour de Dieu et unit. Vous trouverez le texte latin et la traduction française sous la vidéo.

 

Voyez comment ces chanteurs ont vécu cela le 21 mars dernier :

Texte latin

Ubi caritas et amor, Deus ibi est.Congregavit nos in unum Christi amor.Exsultemus, et in ipso jucundemur.Timeamus, et amemus Deum vivum.Et ex corde diligamus nos sincero.

Texte en français

Là où sont la charité et l'amour, Dieu est présent.L'amour du Christ nous a rassemblés et nous sommes un.Exultons et réjouissons-nous en lui.Craignons et aimons le Dieu vivantet aimons-nous les uns les autres d'un cœur sincère.